11 mai 2012

Skinheads ( VF)

 

skinheads john king

 Quatrième de couverture :

Trois générations d'une même famille, trois hommes issus du milieu prolétaire britannique. Terry English, skinhead propriétaire d’une petite société de taxis, n’est pas sûr d’être encore vivant pour ses cinquante ans, mais garde malgré tout sa joie de vivre grâce au ska et à sa jolie assistante Angie. Il décide de s’investir corps et âme dans la réouverture de l’Union Jack Club. Nutty Ray, punk, employé par Terry, lutte pour contrôler sa haine de la société et n’a qu’un seul plaisir : passer son temps libre à provoquer les flics de Chelsea. Et enfin Lol, quinze ans, skater punk adolescent à la recherche de lui-même…

À travers ces trois personnages, John King va revenir sur l’apparition de la culture skin, une culture prolétaire qui s’enracine d’abord dans la musique, comme toujours en Angleterre, et une musique de pauvres, le reggae qui va s’épanouir dans le ska des années 70, en rupture avec l’époque, alors hippie. Mais qui s’accomplit aussi dans l’amour de la sape, de la bière, et du pays. Il rend un remarquable hommage au mouvement culturel britannique des années 1960, mouvement complexe, souvent caricaturé et finalement incompris, qui a déchaîné une peur sociale et symbolique encore plus forte que le punk, décuplée par son essence radicalement et ostensiblement prolétaire.

Un écrivain remarquable au meilleur de son talent .L’arrivée d’un grand dans le catalogue du Diable. 

«Au même titre que l’écossais Irvine Welsh, et bien plus que Nick Hornby,King est l’écrivain du football et de la classe ouvriere anglaise.»
Hubert Artus, DonQuiFoot (Éditions DonQuichotte, mai 2011)

 Pour mémoire : la chronique de la VO est toujours disponible sur Oi! the taxman , en date d'août 2008, faut croire qu'il en faut du temps pour traduire un livre en français ...

http://oi_the_taxman.20six.fr/oi_the_taxman/art/93540339/Livre-de-plage

 

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27 décembre 2011

Hooliblack

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Mathias C est né en France de parents camerounais , un "enfant du regroupement du familial", amoureux du Paris Saint Germain depuis 1983, son père l’ayant emmené au Parc des Princes pour un PSG/Juventus. Le petit garçon deviendra par la suite un hooligan indépendant atypique, qui raconte aujourd’hui son parcours de hooligan, noir et patriote dans le livre Hooliblack (Editions Hugo et Cie).

Lorsqu’on parle de hooligan noir, la figure de Cass Penant, un des top boys du hooliganisme anglais au sein de l’ICF vient à l’esprit. Le parcours de Mathias C offre peu de ressemblance avec celui de son homologue black anglais. Cass Penant fut un adepte du bomber vert et des Dr Martens, tandis qu’à l’opposé le jeune Mathias fut un black dragon junior, un chasseur de skins. Le style du livre est aussi très éloigné du schéma habituel des souvenirs de hooligans anglais, n’offrant guère d’anecdotes croustillantes et sanglantes en matière de bastons, l’amateur du genre hoolibook restera ici sur sa faim.

Toutefois Hooliblack n’est pas dénué d’intérêt dans la mesure où plus qu’un agglomérat indigeste de souvenirs de bastons, il s’agit davantage à partir d’un parcours personnel d’un livre de réflexions politiques et sociologiques sur le communautarisme, les pièges de l’idéologie antiraciste, l’adhésion à la nation, l’immigration etc … Au vu de ces conclusions il semble très loin de son positionnement d’adolescent, les grosses ficelles de la manip du PS lui apparaissant désormais évidentes, le hooligan black patriote a tout d’un lecteur d’Alain Soral, désormais prêt à passer dans le camp de la rébellion pour lutter contre l’Empire.

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07 novembre 2011

Were one of Margaret Thatcher's bête noire

Trailer for the forthcoming book "DRESSERS"

"The book is a social history of young working-class youth culture, covering from the early 1980s on the football terraces through to the dance floors of later that decade and charting the route from Italian sportswear to baggy rave gear - all placed against the backdrop of a small steel-working town 10 miles outside Glasgow...

It chronicles the rise of one of Scotland’s original foot...ball casual groups, pioneering the fashion that was to become central to the Saturday afternoon fracas in town centres and at football grounds all over Scotland. Some of these exploits (out of a collection of literally hundreds) are well documented within the book, with photographs and words telling the real story behind the newspaper headlines.

In the 1990s, as getting arrested every Saturday afternoon began to lose its appeal, football took a back seat as Scotland’s rave and club culture exploded with the introduction of 'that pill'. This was then followed in the new millennium by a new generation taking up the mantle that had been set in the early eighties.

Enjoy the read. Two years in the making, 3 nervous breakdowns, 25 personal accounts of featured events, over 200 pages in full fucking colour (never been done before), 45 fashion pages, over 500 photographs, 75 designer labels, umpteen spelling mistakes, 25 scrapbook pages, 78 pairs of training shoes, 8000 shapes thrown on the dancefloor and that much raving your adidas Gazelles had holes in them........
"

 

To pre-order the book, click here

 

Real life docubook, full colour, size : B5 ( 210mm x 176mm ) landscape, £ 20.

Release date : early december ( Ideal for your Christmas presents ! ).

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18 avril 2011

Too tough to die

 

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Quatrième de couverture :

One, two, three, four ! En 1976, avec leur Perfecto, leurs cheveux longs et leurs jeans déchirés, les Ramones ont fait tomber les murs. Une technique rudimentaire : trois accords joués à vitesse supersonique, un riff hurlant, une voix grésillante – et le punk était né. Dix ans après la mort de Joey Ramone, dix-huit auteurs de polar français leur rendent hommage, à travers autant de nouvelles noires, pleines de bruit, de fureur et d’amour.


Ouvrage dirigé par Jean-Noël Levavasseur

Préface de Tommy RAMONE
Avant-propos de Michka Assayas
Dessins d'Hervé Bourhis
Photographies de Jean-Noël Levavasseur
224 p.
17 €

Featuring :

« Ramones » (1976) – Jean-Bernard Pouy

« Leave home » (1977) – Sylvie Rouch

« Rocket to Russia » (1977) – Pierre Mikaïloff

« Road to Ruin » (1978) – Jean-Luc Manet

« It’s alive » (1979) – Bruno Schnebert

« Rock’n’roll high school » (1979) – Caroline Sers

« End of the century » (1980) – Mathias Moreau

« Pleasant dreams » (1981) – Frédéric Prilleux

« Subterranean jungle » (1983) – Olivier Mau

« Too tough to die » (1984) – Max Obione

« Halfway to Sanity » (1987 )– Jean-Noël Levavasseur

« Animal Boy » (1986) – Marion Canevet

« Brain drain » (1989) – Hugues Fléchard

« Loco live » (1991) – Michel Embareck

« Mondo Bizarro » – (1992) Jan Thirion

« Acid Eaters” (1993) – Thierry Crifo

« Adios amigos ! » (1995) – Denis Flageul

« We’re outta here » (1997) – Serguei Dounovetz

 

Jean-Noël Levavasseur , écrivain et journaliste à Ouest France avait déja piloté un précédent recueil de nouvelles noires consacré aux Clash, London Calling. Selon Max Obione, son prochain projet littéraire sera consacré à La Souris Déglinguée.


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05 avril 2011

Children of The Sun

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Le premier livre de Max Schaefer « Children of the sun  » a pour objet un sujet sulfureux, les liens entre la scène gay et le mouvement skinhead néo-nazi dans l’Angleterre des années 70 à 90, en se basant sur la vie de Nicky Crane.

La narration est effectuée en suivant deux personnages, Tony, un skinhead homosexuel qui évolue dans le même milieu que Nicky Crane et James un jeune auteur branché, gay lui aussi, qui en effectuant des recherches sur Nicky Crane devient fasciné par son sujet.

Des coupures de presse concernant Nicky Crane, Skrewdriver et Blood and Honour accompagnent la narration.

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La double vie de Nicky Crane constitue le point de départ évident à l’écriture de ce livre. Nicola Vincenzio Crane alias Nicky Crane né en 1958, était l’un des skinheads les plus en vue de la scène londonienne des années 80, jusqu'à la révélation de son homosexualité en 1992 suivi de son décès du SIDA en 1993.

Jusqu'à cet aveu public, Nicky Crane était une terreur pour tous les gauchistes de Londres, tant le bonhomme était balèze, ultra violent et complètement barré en matière de baston. Il fut plusieurs fois identifié comme responsable d’attaques organisées contre des groupes de jeunes noirs ou des concerts d’extrême gauche, et effectua un séjour en prison pour ces actes de violence.

Les mêmes causes ne produisant pas les mêmes effet, Nicky Crane était respecté par ses pairs de la scène anglaise, et encore aujourd’hui beaucoup de ses camarades de l’époque continuent de respecter un homme qui assurait son trip, qu’elle qu’ait été la nature de sa vie privée.

Dans les années 80, Nicky Crane était une véritable icône du mouvement skin, le magasin The Last Resort avait même crée des T shirts à son effigie le présentant comme l’action man of the eighties.

Il fut l’homme par qui le scandale arriva lors de la sortie de la deuxième compilation oi ! « Strengh thru Oi !  ». Le titre en était un jeu de mot basé sur Strengh thru joy, soit la traduction du slogan nazi Arbeit macht frei, figurant à l’entrée des camps de concentration, un humour noir qui ne rencontra pas vraiment son public chez les journalistes anglais, encore moins quand il apparu que le skinhead torse nu sur la pochette du disque n’était autre que Nicky Crane, un membre actif du British Movement, le BM, un mouvement nationaliste radical pas incompatible avec le goût des mecs TTBM.

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 Nicky Crane était aussi un proche de Ian Stuart le chanteur du groupe Skrewdriver, il participa à l’élaboration de la pochette de l’album « Hail the new dawn  », il était l'auteur des paroles du titre « Justice » sur cet album, et était membre de son service d’ordre la Skrewdriver Security.

Lorsque le mouvement skinhead britannique prit le virage néo-nazi, Nicky Crane fit partie des créateurs du mouvement Blood & Honour (BH) la structure visant à rassembler tous les skinheads nationaux socialistes.

 En parallèle à ces activités politico-skins, Nicky travaillait dans le monde de la sécurité, notamment dans des clubs gays. Cette couverture lui permettait d’évacuer tout questionnement relatif à sa présence sur la scène gay londonienne comme faisant partie de son travail.

Grâce à ce cloisonnement, Nicky Crane pouvait participer secrètement à des films porno gay amateurs  ou apparaître dans le clip, pour le moins bizarre, Unclean du groupe Psychic TV, tout en étant une figure du milieu skinhead londonien, rarement gay friendy.

Lorsque Nicky Crane a effectué son coming out en 1992 sur Channel 4, ses amis du BH, lui ont immédiatement tourné le dos, Ian Stuart déclarant qu’il s’était senti trahi. Cette déclaration reste une source d’interrogation, sachant que Crane disait avoir pris conscience de son homosexualité à 25 ans soit en 1983, aux premières heures du RAC.

Déjà en 1987 le magazine antifasciste Searchlight parlait de la volonté de Nicky Crane de mettre en place des soirées pour les skins gays.

Mensi le chanteur d’Angelic Upstarts affirme quand a lui, certes un peu tard dans cette interview,  avoir toujours su que Nicky Crane était gay.

De plus, des skins de Narbonne s’étaient rendus à Londres vers 1987, ils en étaient revenus choqués par l’attitude de Nicky Crane, qui avait ouvertement dragué un des jeunes skins de leur bande dans un pub. Dès lors comment le chanteur de Skrewdriver, proche de Nicky Crane, ne pouvait pas prendre conscience de l’orientation de son ami, alors que l’orientation sexuelle de Nicky Crane ne faisait pas mystère en France ?

Etait il aveuglé par l’amitié ou dans l’impossibilité idéologiquede reconnaître la présence de gays dans son mouvement, puisque selon Ian Stuart l’homosexualité était incompatible avec l’engagement au Blood and Honour. Ian Stuart dont le groupe Skrewdriver avait édité des T Shirts « When the storm breaks »frappés du logo de la SA, ignorait peut être aussi l’homosexualité du chef de la SA, Ernst Röhm.

Il est toutefois fort possible que Ian Stuart mettait en doute des informations venant du camp antifasciste, en les considérant comme des rumeurs visant à déstabiliser son organisation.

Il pouvait être conforté dans cette idée par le fait que Nicky Crane s’était affiché avant 1983 avec une copine, Belsen Bev, une photo de cette idylle figure dans le livre de Nick Knight Skinhead.

Ian Stuart étant lui aussi décédé la question taboue restera en suspens.

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 Pour en revenir au livre, les chapitres consacré à Tony le skin faf et gay et James le gay intello fasciné par Nicky Crane alternent.

Avec Tony on passe des rencontres dans les pissotières aux concerts Oi ! et RAC sur une période qui s’étale de 1974 à 1992.

On découvre les coulisses du mouvement nationaliste anglais, avec ses multiples scissions qui n’ont rien à envier aux trotskistes, avec notamment le jeune Nick Griffin (actuel leader du BNP) en organisateur des premiers concerts RAC dans la ferme de son père, mais aussi des personnages plus étranges dont une vieille femme inspirée par la prêtresse foldingo-nazie Savitri Devi, qui voyait en Hitler un neuvième avatar du dieu hindou Vishnou .

La carrière de Ian Stuart est largement évoquée de Blackpool à son accident de voiture fatal en 1993, un chapitre est consacré au concert de Skrewdriver à Londres en 1992 près de Waterloo Station et à la bataille rangée qui opposa le BH aux antifascistes.

James habituellement familier d’un mileu gay intello et bourgeois, aborde le mouvement skinhead en 2003 par le biais d’un boyfriend au look skinhead. Il découvre les soirées gay skins, avec la candeur du novice surpris de ne pas y entendre Symarip et les Cockney Rejects, et devient obsédé par le personnage de Nicky Crane.

Cette obsession l’amène a élaborer des thèses sur l’ésotérisme nazi. Max Schaefer s’inspire ici des travaux de Nicholas Goodrich Clarke sur les racines occultes du nazisme. La recherche de la signification des tatouages de Nicky Crane prend alors une dimension aussi mystique que comique.

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Avec Children of the sun, Max Schaefer entre en littérature avec un sujet original, plutôt bien documenté, où la fiction se mêle a la réalité. Les archivistes du mouvement skin y trouveront leur compte, à condition toutefois de ne pas perdre de vue qu’il s’agit d’une fiction.  

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 En complément :

- La critique du livre par  Stewart Home

- The strange case of Nicola Vicenzio Crane

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13 mars 2011

Speed, Vespas & Rhythm'n' Blues

 

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La quatrième de couverture :

Milieu des sixties. Les rues de Londres comme les plages de Brighton sont divisées en deux camps. D'un côté, les rockers, engoncés dans leurs blousons de motards. De l'autre les Mods, élégants rebelles en costumes italiens ou en parkas, au guidon d'agiles Vespas ou Lambrettas. Plus qu'un simple phénomène, les Mods affichent un vrai style de vie, avec ses codes vestimentaires, ses références (La Nouvelle Vague, le cool jazz, le rythm & blues, la musique jamaïcaine et la soul de Motown), ses clubs, ses drogues et très vite ses groupes fétiches (Small Faces et Who en tête) pour s'imposer comme un des mouvements culturels majeurs de la jeunesse anglaise.

Cette anthologie de référence, réalisée par Paolo Hewitt, sans doute le plus grand spécialiste du genre, offre - à travers une collection de textes rares, souvent signés d'auteurs et de critiques prestigieux (Nick Cohn, Tom Wolfe, Colin MacInnes...) - une plongée exceptionnelle dans un mouvement qui n'en finit plus de lever de nouveaux commandos.

"Pour moi, les Mods incarnaient la révolution. Ils étaient un groupe révolutionnnaire, comme les Vietcongs... Ils n'ont jamais capitulé... Ils ont toujours combattu, bien que très minoritaires, la puissante forteresse de l'armada américaine." (Pete Meaden, premier manager des Who)

 

Notre avis :

Malgrès quelques approximations dans la traduction qui transforment les Dr Martens des Skinheads et Suedeheads en rangers, cette édition française de l'anthologie mod de Paolo Hewitt, The Shapper Word, A mod anthology, constitue une agréable surprise sur les présentoirs des libraires hexagonaux.

Paolo Hewitt auteur d'une vingtaine de livres sur Oasis, Paul Weller, les Small Faces, le style anglais des mods aux casuals, maïtrise le sujet du modernisme. Dans ce florilège il sélectionne des textes d'auteurs connus du grand public comme Tom Wolfe et Nick Cohn, et des témoignages plus pointus souvent issus du milieu mods, dont Richard Barnes auteur du livre culte Mods !, Dave Godin qui est réputé être l'inventeur du terme de Northern Soul, Irish Jack un dzeumo canal historique, Pete Meaden etc... et même Georges Marshall pour un texte dans son rayon de compétence sur les hards mods et les skinheads. Le livre se termine par un texte d'Alex Roest sur les suedeheads, qui raconte ce qui est arrivé lorsque le mouvement mod s'est effondré.

Cette anthologie peut se déguster au gré des envies, dans n'importe quel sens, mais lorsque le puzzle s'assemble, un portrait très pertinent s'esquisse de ces héritiers des dandys, et l'on mesure l'importance du modernisme dans la culture populaire anglaise, que ce soit en terme de musique ou de style vestimentaire.

 Paolo Hewitt , Mods, une anthologie.  Speed, Vespas et Rhythm'n'Blues 

Editions Payot, Collection Rivages Rouge, 2011, 20 €.

 

 

 

 

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16 février 2011

Dans le walkman d'un réac

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Les toilettes du train corail sont exigües. Surtout à trois. Estelle est à genoux sur la cuvette, elle caresse la nuque d’Antoine pour me rendre jaloux. Je feins l’indifférence. Elle est magnifique. Elle porte un tee shirt des Merton Parkas, un groupe mods de Brighton et une minijupe ska, à carreaux blancs et noirs. Tout ça lui confère un petit look délicieusement sexy. Entre Carnaby Street et la dolce vita. Son walkman Aiwa sur les oreilles, elle écoute des groupes de ska, The Beat, The Selecter, UB 40. C’est moi qui lui enregistre des cassettes. Elle me met le casque sur les oreilles. J’entends les premières notes de « Mirror in the bathroom » :

"Mirror in the bathroom 

Please talk free

The door is locked

Just you and me"

Le grand débat qui anime sa vie, c’est la rivalité entre Madness et les Specials.

- J’aime bien Madness, mais y a que des skins qui écoutent ça à Londres. Et moi je ne supporte pas les fafs. Les mods et les skas écoutent les Specials.


Eric Brunet Dans la tête d’un réac, Nil, 2010

http://www.ericbrunet.fr/

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06 février 2011

"SKINHEADS" PHOTOGRAPHS 1979 -1984 BY DEREK RIDGERS

Derek Ridgers Blog - The Ponytail Pontifications Archive :

DR_Skinhead_Shoreditch_1980

SKINHEADS

Friday, 23 April 2010

Almost all of my photographs of skinheads were taken between the summer of 1979 and the summer of 1984, and the vast majority in the earlier of those years.  They were taken either in London or in some of the seaside towns easily accessible from London.  Some first appeared in a show called 'Skinheads' at the Chenil Studio Gallery in Chelsea, in October 1980.

Back then, I wasn't a professional photographer, (in truth, not even a particularly keen amateur) and to begin with, I hadn't intended to start photographing skinheads at all. Rather, they found me.

In early '79 I was already engaged in what eventually turned out to be a lengthy photographic study of the New Romantics (though back then they were not known as such).

I'd been documenting this nascent scene in the Soho nightclub 'Billy's' and, one evening, a group of about half-a-dozen skinheads turned up.  They saw me taking photographs and one of them asked me if I'd like to take some photos of them too.  They seemed pretty friendly and not at all camera shy.  I took a few snaps, we got talking and Wally suggested I go with the whole gang on one of their Bank Holiday jaunts to the seaside.   

That was what led, eventually, to five years of photographing skinheads.  In those five years I got to know some of the skinheads quite well and liked many of them.  Almost all were polite and courteous to me.  I saw virtually no violence, just a handful of scuffles.  If I had seen any fighting, I certainly wouldn't have photographed it for the simple reason that I wouldn't have wanted the presence of my camera to affect the situation.

Other than that, there was no self-censorship.  I wanted to remain objective (although I later came to believe that to be impossible).  Susan Sontag famously wrote that "the photographer is not simply the person who records the past, but the one who invents it."  I certainly hope this isn't the case with my photos.  They were all chosen to be displayed on the basis of two criteria: if I thought it was a good photograph; or if I thought it helped to tell the story.

Back in the early '80s, I turned down a couple of opportunities to turn the photographs into a book. I didn't want either to glorify the skinhead lifestyle or become an apologist for them.  And I still don't.  My political and social views were not the same as most of the skinheads of that time but I hope the photographs can now speak for themselves.

I've put together this book on Blurb, the online digital publishers -

http://www.blurb.com/bookstore/detail/1117764

I'm still looking for another publisher to get a terrestrial, web-offset version printed (which could possibly include many of the interviews I also did at the time) but of course, I realise this may never happen.

DerekR_Sign

DR_Carrie_And_Co

DR_ChrisHanway_1982

DR_Young_TonyM_And_Co

DR_TuinalTerry_And_Belsen2

DR_BridgeHouse_1979

DR_LilDjella_1980

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25 janvier 2011

31 ans de Rock'N'Roll

Click !

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25 novembre 2010

Good news : The New Beaujolais has arrived !

BeaujolaisIsBack

Les Garçons Bouchers : "Du Beaujolais" (adapted from Herman's Hermits)

A LESSON IN KNOW-HOW

"Every year, Beaujolais Nouveau enters centre stage on the third Thursday in November. This is a wine that draws people together in an explosion of colour, to share in lip-smacking celebration as the grey winter months are setting in. When it's shivery cold outside, this wine for simple pleasures, this wine to discover, this wine that makes friends with every palate, becomes the perfect partner to lovingly prepared home cooking. But without passion and ancestral skill handed down over the generations, the magic of wine could not exist. The soul and talent of the winemaker have been the driving force behind the success of this creation for nigh on 60 years."

AllRight!

Il est la depuis jeudi dernier, et cette année encore, ne démérite pas. Qu'on le prenne comme un rituel devenu presque immuable ou juste un rendez-vous sympa, il est prétexte à vous inviter à la découverte (ou à la relecture) d'un excellent bouquin :

ReneFalletBook

Quelques extraits :

..."- Y a même pas de Beaujolais ? osa lâcher Beaujol déçu.

Camadule le fusilla d'un regard chargé à balles dum-dum :

- Pauvre guenille ! Polonais buveur d'essence ! Lamentable cirrhotique ! Tourne trois mille trois cent trente-sept fois ta langue sans papilles dans ta bouche anesthésiée avant de parler de Beaujolais ! On aurait plutôt dû t'appeler Captain Eau-de-Vie de Bettrave !

Apprends, épluchure, qu'à part des millésimes exceptionnels le Beaujolais n'engendre que très peu de bouteilles de garde et que, pour l'apprécier encore friand et séveux, il faut le boire dans les deux années de sa sortie du pressoir ! Pas un mot, soudard, pas un blasphème de plus, ou je t'excommunie ! Debedeux ! On fonce la déménager, ta cave ?"...

WonderfulWorldOfBeaujolais

..."Chapitre V

Et le beaujolais nouveau arriva.

Et du Nord au midi, comme tous les 15 novembre, un printemps d'affichettes bleu ciel, rouges, orange, vertes, fleurit aux vitrines des débits de boissons pour annoncer aux passants mornes que le petit Jésus des vins était né. Et les passants mornes s'éclairaient à la vue de ces papillons, et une goutte de rubis tombait sur leur vie grise, leur demeurait à la lèvre en confetti de sang...

LE BEAUJOLAIS NOUVEAU EST ARRIVE !!! Ce Te Deum éclatait sur Paris, sur toutes les grandes villes, roulait dans leurs artères, chantait Montmartre et Contrescarpe, défilait dans la rue Saint-Denis, tintait louis d'or sur tous les zincs où se pressait le peuple pour voir et toucher le divin enfant de l'année.

La fête accrochait ses lampions à tous les nez, ses limonaires dans toutes les têtes, et quand la mauvaise heure était sonnée de rentrer chez soi c'était, du moins, à dos de chevaux de bois. La fête ! C'en était une, païenne, chrétienne, tout ce que l'on voudra, et tout le tremblement, et tous les tremblements dans toutes les lumières.

Le Beaujolais nouveau est arrivé, la fête est revenue pour quelques jours, fête tuée par l'armée des pisse-vinaigre mais ressuscitée en cachette par les chante-la-joie increvables comme elle.

On les avait assassinés, les fêtes de faubourg et les bals de quartier, relégués au rayon souvenirs, avant-guerre, belle époque et c'était le bon temps. Mais il avait suffi de la fraîcheur d'un petit vin familier rigolo populo pour qu'un 14 Juillet tout neuf, improvisé, guilleret, remonte du pavé, à cheval sur des accordéons, frémissant de tous ses grelots.

Ce saint vivant, ignoré des calendriers officiels, était plus célébré, honoré que ceux, desséchés, fossiles, qui y figuraient dans l'indifférence générale. Saint Beaujolais Nouveau, Saint de Paix, éclipsait Saint Albert, peu après l'«Armistice 1918». On le priait, mais seulement de se montrer aussi gouleyant, ou d'avantage, que celui de l'année dernière, on ne lui demandait que d'exister, de passer une fleur au bec, ou un refrain, et surtout de revenir l'année prochaine...

Le Beaujolais nouveau est arrivé ! Coquinet de la cuisse, un poil canaille, sans soutien-gorge, il était arrivé dans les arrière-gorges, un rien pute, léger et court vêtu, un brin muguet, un brin de fille, un doigt de Dieu, un doigt de cour. Il coulait source dans les hommes, il ne repartirait qu'en leur laissant au coeur le plus clair de la vie, la vertu d'un sourire.

Il voyageait aussi, ce doux cul-terreux de la Saône, ce joli voyou de la Guillotière, que les anciens paraient du nom superbe et royal de «Fils de l'amour».  Il prenait l'avion, ce fils de la terre, et s'en allait à l'autre bout, fils du soleil, porter la bonne parole, la bonne aventure aux quatre coins, chez les Anglais, les Canadiens et les Américains. New Beaujolais is here ! En Allemagne et en Belgique, ce farfadet soufflait la mousse de la bière, le temps d'une embellie. En Suisse, son voisin et son premier client, il prenait l'accent de Lausanne pour crier «coucou !» dans le fond des bouteilles.

«Me voilà, je suis arrivé !», commençait-il partout. Et puis il pérorait avec les mains, bousculait l'éventail politique, perdait le fil, le retrouvait, touchait une paire de fesses par-ci, une paire de seins par là, tendrement dingue, si gentiment zinzin qu'on lui pardonnait tout ainsi qu'à un enfant gâté.

Il gagnait aux courses, allumait des quinquets dans les yeux, sautait par-dessus les comptoirs, remettait sa tournée, se renversait, cassait du verre blanc qui portait bonheur, réconciliait deux types fâchés, faisait se rencontrer deux étrangers, balançait une fille dans les bras d'un garçon, levait tous les bras en salut olympique à la santé du patron, à celle de la vie et à la tienne Étienne !

Puis il jouait aux dés, aux cartes, au con et à n'importe quoi. Puis il regardait la pendule, la voyait double et filait sous la pluie d'automne et celle de l'hiver en se croyant général, en se croyant été, en se croyant vacances. Puis il se couchait dans un lit changé en lit de sable, en lit de fleuve, en lits-cigognes pour y caresser des peaux douces plus douces que les vraies. Il était arrivé !

Le Beaujolais nouveau est arrivé ! Le bourdon de Notre-Dame le carillonnait pour le Sacré-Coeur, les dix-huit tonnes de la Savoyarde le répétaient à tous les clochers de la ville. On perçait les tonneaux en une émouvante défloration. Quel goût aurait-IL ? Serait-IL fruité ? Souple ? N'aurait-IL pas perdu son grain ? Après le dépucelage venait la première communion entre LUI et son copain l'homme.

Au vu des affichettes sacrées, les chauffeurs de taxi freinaient à mort, désenchevêtraient leurs clients emmêlés, les entraînaient s'en jeter un, abandonnant leur véhicule au hasard de la chaussée. Les militaires rompaient les rangs, les employés de bureau sautaient par les fenêtres, les métallos brisaient leur chaîne, les infirmiers lâchaient leurs brancards, les malades hurlaient qu'ils EN voulaient un verre, les morts boudaient leurs chrysanthèmes, réclamaient de quoi se rincer la dalle, fût-elle en marbre, les députés quittaient la Chambre en volée de moineaux, les flics jaillissaient des cars de police, les prisonniers s'évadaient, suivis de leurs gardiens assoiffés et braillant : «Le Beaujolais nouveau est arrivé !»

Les manifestations se dispersaient, d'autres se reformaient, oscillantes derrière d'immenses banderoles proclamant qu'IL était arrivé. Des amants tout nus s'engouffraient dans le premier bistrot pour s'y parer d'une feuille de cette vigne. Au Conseil des ministres, on entonnait des litres et l'Internationale. Des vaches venaient boire aux abreuvoirs magiques, certaines de fort loin. Des morpions enthousiastes plantaient là leur slip natal, accouraient se noyer aux cannelles, cherchant une mort enfin glorieuse. Des bonnes soeurs, retroussées jusqu'au nombril et le cul aux zéphyrs, pétées à zéro, dansaient la gigue au sortir du Tabac du Vert-Galant, un des hauts lieux du Messie flambant neuf. «Hosanna ! beuglaient les saintes femmes, le Beaujolais nouveau est arrivé !»"...

PerfectHappiness

..."Il était, le matin même, arrivé au Café du Pauvre.

Camadule, songeur, le fit tourner lentement dans son verre :

- J'aime sa couleur cerise violacée. C'est franc, comme il se doit.

- Ça se boit comme de la flotte, apprécia Debedeux. Mais c'est meilleur, toute la différence est là.

Critique, Gaston Lafrezique mâchait son vin avant de l'avaler :

- Il est bon. Mais je préférais celui de l'année dernière.

Camadule haussa les épaules :

- J'entend ça tous les ans depuis que je suis né. Ma parole, qu'est-ce qu'il devait être fameux en 14 ! Eh bien moi, je le trouve supérieur.

- C'est ton droit.

- C'est peut-être faux, mais je suis optimiste et j'espère que le prochain l'enterrera de cent coudées. En tout cas, il coule facile, en pente douce. C'est une jeune fille, ce petit mec de vin, et qui vous met ses bras autour du cou. Qu'est-ce que tu en dis, Captain ?

Beaujol, depuis le transfert de la cave de Debedeux dans la sienne, manifestait d'odieuses exigences :

- Ça vaut quand même pas un Chambertin-Clos-de-Bèze.

Camadule le méprisa à tue-tête :

- C'est pas comparable, mollusque au mazout ! Le Beaujolais nouveau, c'est pas un premier cru, c'est le Beaujolais nouveau, et rien de plus. C'est un pinard malin, un ouistiti de vin, un petit truc sympa et poétique. Évidemment, la poésie et toi, vous passez pas par le même chemin ! 

Beaujol répéta, obtus :

- Ça vaut pas un Chambertin-Clos-de-Bèze.

Camadule lui tourna le dos avec brusquerie :

- T'es trop con. Des cons comme ça, à leur mort, faut les expédier au musée de l'Homme, et en recommandé avec accusé de réception, pour pas les égarer. Tu as du mérite, Debedeux, de vivre à côté de ça. Fais gaffe qu'il se mette pas à déteindre !"...

René Fallet : "Le Beaujolais Nouveau est Arrivé" Editions Denoël, Paris, 1975.

Et comme les traditions populaires ne sont toujours pas caduques en terre Beaujolaise, comme ailleurs, une pensée aux infortunés qui devront embrasser Fanny !

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Posté par GOfScars à 03:41 - - Rétroliens [0]
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