Le 6 février dernier, 103 coups de bombardes étaient tirés dans Hyde Park et devant la tour de Londres pour célébrer les 60 ans de règne d'Élisabeth II, par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagneetd’Irlande du Nord et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la foi, etc... etcetera... Ces salves ouvrent cinq mois de festivités, débordements d'affection et génuflexions, panem et circenses. Mais dans la sobriété et la frugalité, temps d'austérité oblige.
Si l'on n'est pas très sensible au charme désuet de la monarchie, ni abonné à Point de Vue (Images dumonde) la chronique royale devrait laisser indifférent.
Cependant, vu à travers le prisme du punk rock, on a pu constater une expectation réelle. Tout le monde ayant encore à l'esprit le fameux Silver Jubilee de 1977, les Sex Pistols, leur single de lèse-majesté et leur promenade en barque sur la Tamise (évoquant le film de Frank Lloyd pour les uns et le tableau de Géricault pour les autres). Quoiqu'on en dise, préméditée ou non cette performance irrévérencieuse est restée inégalée à ce jour.
Silver Jubilee boat trip
"You don't write a song like' God Save The Queen' because you hate theEnglish race. You writea song like that because you love them, and you'refed up of seeing them mistreated."
John Joseph Lydon ci-devant Johnny Rotten chanteur des Sex Pistols
(Documentaire "L'Obscénite et la fureur", Julien Temple, FilmFour Limited/Nitrate Prod. , 2000)
Beaucoup de gens attendaient, l'occasion faisant le larron, peut-être pas un nouvel hymne alternatif au Jubilé de Diamant, mais une réaction, si possible avec basse, guitare, batterie et un peu d'humour. Quelque chose qui fasse, un tantinet, sortir de son Palace de Buckingham sa Gracieuse Majesté quoi. Un peu de poil à gratter sur l'auguste couenne à Lilibeth.
Mais on aura eu beau scruter son écran T.V., parcourir le net, feuilleter les journaux, écouter sa radio... Rien, pas le moindre son discordant dans le concert de louanges à la Reine mère, Apathy in the UK.
On peu s'en étonner, l'époque étant tellement encline à la vocation spontanée de musiciens doublés d'implacables révolutionnaires, le couteau entre les dents, dignes descendants des damnés de laterre et des forçats de la faim ambitionnants d'affranchir (enfin !), le genre humain.
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils n'ont pas été très expansifs sur ce coup là les Arthur O'Connor en herbe, probablement qu'il est plus valorisant de traquer l'ambiguïté sur la toile plutôt que de donner dans l'offense séditieuse et sacrilège (Et puis, n'est ce pas, c'est toujours tellement mieux lorsque ce sont les autres qui prennent des risques...).
Tout au plus et en cherchant bien, Class War aura voulu marquer le coup en ironisant sur la présence de Madness au concert du 4 juin et par l'édition d'une image numérique compressée JPEG. Mais bon, à part quelques rares courtisans et monarchistes, ça choque qui ?
Certes, pour être objectif, il convient de préciser que la situation économique présente n'est pas encore comparable à celle de juin 77 et le ressentiment actuel préférentiellement tourné vers les traders plutôt que vers la maison de Windsor.
Notre propos n'est d'ailleurs pas une quelconque remise en cause de la monarchie parlementaire, mais plus certainement un constat affligé de la "rebel attitude" dans la musique contemporaine.
Mais avant de tomber dans le passéisme forcené et de s'appesantir dans les comparaisons peut-être vaut'il mieux s'enquérir de l'opinion de Sir Rottensur ses wannabees :
"...Has his philosophy evolved since Anarchy in the UK ? "Well, I've watchedthe anarchymovement for many a year and have found it to be amusing atbest - a mind game for the middleclass, I said 30 years ago. I haven't seenanything different." Look at the anti-globalisation activists, he says. "They allrally behind these flags they buy in chain stores, they fly on planesaroundAmerica to go to anarchist demonstrations, they've all got laptops and mobilephones, they're all dressed to the nines in corporate clothing. It's all adesigner trap. The food they eat - organics only ! Well, that's corporate designthrough and through. The idea of selling you a dirtypotato. Hahahaaha !,andmaking money from it."
Dans cette ambiance léthargique même Johnny (qui partage au moins quelque chose avec la monarque : le goût pour les chapeaux) n'y aura pas encore été de son habituel commentaire délétère (quoique si on vient lui proposer de l'argent pour cela, ayant payé cher ce droit, il aurait bien tord de se priver). Sans doute que c'est trop prévisible pour lui (ce qu'il ne goûte guère, voir son opinion sur le mariage de Willset Kate) et un brin surfait.
Détournement d'une publicité pour un opérateur de téléphonie
Néanmoins quelques vieux de la vieille se réunirons tout de même début juin (le choix n'est pas anodin puisqu'il coïncide avec les jours décrétés fériés), pour encenser le dernier jubilé (ce en quoi ils ont probablement raison, Élisabeth étant âgé de 85 ans). Mais aussi sympathique soit ces vieux punks et malgré que nombre des groupes annoncés assurent encore musicalement, tout cela est depuis longtemps de l'ordre du memorabilia.
Cela évoque plus une réunion de Croix de feu d'avant-guerre (voir même, il faut être lucide, de froidequeue pour certains) qu'une conjuration, toute folklorique soit elle.
Le duo féminin originaire de Seattle, The Creakies, vient de réaliser , Redwood un EP digital d'obédience noise pop qui comporte une reprise du titre Because you're young de Cock Sparrer, soit l'improbable rencontre des sons oi!, noise et shoegaze. L'enregistrement DIY est un peu roots, la reprise est déconcertante, mais bizarrement le pointeur de la souris revient se positionner à nouveau sur play...
L'émission de Valli , Pop etc , du 21 janvier 2012 sur France Inter était consacrée aux Specials , avec la participation d'Hugo Cassavetti et de François Gorin, vous l'avez râtée ? Pas de panique, la réécoute est disponible jusqu'en 2014 ...
Autre bonne nouvelle, les Specials joueront à nouveau en France en 2012, à savoir le samedi 9 juin à Marmande dans le cadre du festival Garorock.
The Damned : "Love Song" (Scabies/Sensible/Vanian/Ward) BBC 1 TOTP 1979
I'll be the ticket if you're my collector I've charge the fare if you're my inspector I'll be the luggage if you'll be the porter I'll be the parcel if you'll be my sorter
(Chorus) Just for you here's a love song Just for you here's a love song And it makes me glad to say It's been a lovely day And it's okay
I'll be the mail you'll be the guard I'll be the ink on your season ticket card I'll be the rubbish you'll be the bin I'll be the paint on the sign if you'll be the tin
Just for you here's a love song Just for you here's a love song And it makes me glad to say It's been a lovely day And it's okay !
Très spécialement dédicacé à tous ceux qui vont se ruer, ce soir, en catastrophe, à la recherche d'un fleuriste encore ouvert, parce qu'ils auront oublié la Saint-Valentin !
* "Au Lecteur" : sorte de pacte de lecture qui met l'accent sur la fraternité des hommes dans la déchéance, une fraternité de damnés.
A true meeting of minds and subcultural icons - Brutus and Dr. Martens have collaborated on a limited edition Brutus Trimfit Shirt, with all the famed detail of the original Brutus Trimfit Shirt.
Since the 1960’s, both brands have enjoyed a cult following from various image obsessed individuals, youth cultures and tribes, fanatical about the attention to detail and the craftsmanship of the manufacturing process involved in the production of their respective products.
Using a checked print from the Brutus archive, the pattern has been reworked in the cherry red, yellow and ecru colours that are synonymous with the Dr. Martens 1460 boot that has been worn by skinheads, suedeheads and mods alike.
Se moquer de la deadline du système calendérique prévue par les Mayas et n'avoir aucune intention de se rendre sur le pic deBugarach pour la fin de l'année n'interdit pas d'apprécier le travail de Andrew Tarusov (Illustrateur russe de son état).
En 12 scènes anxiogènes, ce calendrier apocalyptique aborde avec humour les craintes liées à la prophétie nous révélant la date de péremption du monde tel que nous le connaissons.
Tout cela rappelle follement la légende de la grande peur de l'an mil ainsi que le livre deSaint Jean, le tout mâtiné de science-fiction et d'un brin d'épouvante.
L'amateur de pin-up "old school" (c'est-à-dire plutôt charnues, loin des katemosseries en usage), devrait apprécier le contraste entre ces jeunes filles insouciantes à la galbe parfaite et le paysage frappé par les dix plaies d'Égypte.
Kitch à outrance les dessins deTarusovpeuvent être considérés comme de véritables repoussoirs à l'eschatologie ambiante.
Quel que soit l'avis de nos lecteurs sur la question, nous donnons rendez-vous aussi bien aux angoissés qu'aux optimistes forcenés, le 21 décembre prochain. Soit pour en rire, soit pour être spectateur d'un "changement dans la conscience mondiale et le début d’un nouvel âge" (sic !).
The Blitz : " New Age" (Fisher/Harris/Howe/Miller) Future Music 1983
(Ext. from "UK/DK : A Film About Punks and Skinheads" Cherry Red Records)
When I hear.... the sound of concrete and steel I sense a rythm, that science can't feel I feel the beat.... of our hearts as one I hold your colour, when my vision is gone This power is something but the force is blind Transmitted through a network, of your own kind As minutes tick away.... and days become years I know this old feeling, it's a substance in my tears
And the kids on the street And the kids everywhere And all I gotta say is the kids don't care
When i hear................... I sense a rythm............... I feel the beat............... I hold your colour............ When you've got me running and you stop my machine You try to tell me something, that has never been When you stop me running, with my own pack You know you've got me swearing that I'll get my own back
Dans tous les cas, si les filles sexy survivront à l’apocalypse, cela devrait réveiller l'instinct de survie de plus d'un lad !
"Uncut presents The Clash: "The Ultimate Music Guide". The complete story of the punk firebrands who revolutionised rock'n'roll. We unearth remarkable interviews, unseen for years, from the archives of NMEand Melody Maker. Our peerless team of critics contribute in-depth new reviews of every Clash album. We look at Joe Strummerand Mick Jones' careers after The Clash, dig out dozens of ultra-rare photos, and even enlist Mick to write an exclusive new introduction. The Clash : The Ultimate Music Guide - it's a 148-page riot !"
D'un flyer l'autre, le nom desMisogynes(quatuor français poussant la chansonnette dans la langue de William Shakespeare) revenant de manière récurrente, c'était fatal que nous finissions par prêter une oreille objective à leur musique. La mise en ligne récente d'une vidéo nous donne l'occasion d'effleurer le sujet.
Recorded in June 2011 in Paris, mixed by Bart van Lierin Belgium
Julian, he's such a hooligan caught in the smoke again flowing the blood again
Julian, acting the fool again Said something rude again He did a bad thing again
So Julian you make up your mind And listen what I wanna say If you're always gonna be so unkind I'll tell you boy, one day they'll make you pay
Julian, he broke the rules again he's been so cruel again he's such a hooligan
So Julian you make up your mind And listen what I wanna say If you're always gonna be so unkind I'll tell you boy, one day they'll make you pay
Julian, he's such a hooligan Said something rude again trouble for his folks again
So Julian you make up your mind And listen what I wanna say Why you always gotta be so unkind ? I'll tell you babe, I don't want you to pay
On trouvera que ce groupe a un son plutôt atypique, vu la scène dans laquelle il évolue. Certains les aurons présentés sous l'étiquette "Glampunk-Oi !", pourquoi pas, ils semblent être au carrefour de diverses influences et ça s'entend.
En outre et contre toute attente il ne s'agit pas là d'une composition originale du groupe mais d'un titre desRockin' Horsedatant du tout début des années 70. LesMisogynesauront donc le mérite, en plus d'en livrer une version potable, de faire découvrir ce morceau dont ils doivent bien être les seuls (avec Noel Gallagher) à se souvenir.
Il n'y a d'ailleurs pas de honte (si l'on n'est pas de Liverpool) à ne pas connaître le groupe deJimmy Campbell et Bill Kinsleyqui n'est plus guère cité qu'au détour de rare biographies consacrées aux Merseybeats.
Si nous n'irons pas plus avant dans le domaine de la British Power Pop et autres succédanés des Beatles, nous signalerons tout de même à nos lecteurs dont la curiosité seraient éveillée que "Julian The Hooligan"(1) setrouve sur l'album desRockin' Horse: "Yes it is" (Qui à été réédité en CD, avec 6 tires bonus, chezRev-OlaRecordsétiquette associé àCherry Red, il y a 8 ans de cela - réf. CRREV 70. Indiquons également une réédition en vinyl sortie le mois dernier).
ROCKIN' HORSE: "Julian The Hooligan" (Kinsley) 7" PHILIPS RECORDS 6006 200 (1971)
A tout seigneur tout honneur, le mot de la fin revient au toujours taquin Garry Bushell( Blague à part et cela dit ce n'est pas donné à tout le monde non plus de se faire remarquer par the Godfather of Oi ! music ) :
(1) Pour être complet nous informons les jusqu'au-boutistes que, en 1976, Billy Kinsleyse souviendras du succès de ce titre et en fera une nouvelle version avec son groupe du moment, les Liverpool Express.
Liverpool Express : "(I remember) Julian The hooligan" (RS Craig/Kinsley/Coates)
Ext. from LP "Tracks" (1976 Warner Brothers Records, K 56281)